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L'histoire

Le véritable baron de Münchhausen

 

Karl Friedrich Hiéronymus, baron de Münchhausen, a bel et bien existé (1720-1797). Officier allemand à la solde des Russes, il combattit les Turcs en 1740. Lorsqu’il fut promu capitaine en 1750, il démissionna et rentra au pays. Il se retira à Bodenwerder et se consacra à l’administration de son domaine et à la chasse. Lorsqu’il recevait des amis, il aimait leur narrer les exploits de sa jeunesse et se prenait souvent à mélanger à ses récits une dose d’affabulation, ce qui lui valut la réputation d’être un fieffé menteur. Son image fut définitivement entachée lorsque Rudolf-Erich Raspe (1737-1794) un savant allemand originaire du Hanovre lui aussi, et retiré en Angleterre, publia à Londres en 1785 un opuscule du nom de : Baron Münchhausen’s Narrative of is marvellous travels and campaigns in Russia ... Ce petit recueil rencontra immédiatement le succès.

Mais c’est surtout grâce à l’écrivain allemand Gottfried August Bürger que le Baron est aujourd’hui un personnage de la culture populaire. Bürger fait paraître en 1789, plus qu’une traduction, un remaniement de ces histoires. À la faveur d’un style qui jongle avec la satire, s’égare dans le truculent et frise même la veine poétique, Bürger a donné au héros pittoresque une personnalité littéraire que n’a pas démentie la postérité (jusqu’au grand écran), plaçant les Aventures du Baron de Münchhausen parmi les chefs-d’œuvre littéraires du merveilleux. Si certains thèmes retranscrits ou rajoutés par l’auteur appartiennent à l’imaginaire collectif qui le précède depuis l’antiquité (comme, entre autres, L’Histoire véritable de Lucien ou le conte des Trois doués), la figure du héros se sauvant d’un marécage en se tirant les cheveux, attachant son cheval à ce qu’il croit être un tronc d’arbre mais qui se révèle un clocher, risquant sa vie pour une bouteille de vin, découvrant le crâne ouvert d’un buveur invétéré, voyageant assis sur un boulet de canon, chassant un lièvre à huit pattes... n’a pris les traits que du seul Münchhausen.

En France, Théophile Gautier (fils) s’en empare et traduit ces fables. Avec la complicité de Gustave Doré, un album illustré est publié en 1862.

 

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