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Le projet

Ma rencontre avec « le Baron » – Patrick Pelloquet

Ma première rencontre avec « le Baron » fut ma vision du film de Terry Gilliam (1988).
Quelques années plus tard, je programmais au Festival de Noirmoutier la compagnie Joker (troupe de Lille) qui avait fait une adaptation pour la scène du texte original - dont s’était également inspiré Terry Gilliam et son co-scénariste. Ces deux propositions étaient extraordinaires, dans des registres d’expression différents. Toutes deux étaient lyriques, magiques, poétiques, drôles, émouvantes…

Je décidais de lire le texte original dans la traduction française de Théophile Gautier (fils de l’auteur du Capitaine Fracasse), et découvrais une suite de dix-sept « aventures et mésaventures » racontées au lecteur par « le baron » en personne. Je réalisais alors le travail d’adaptation et les choix faits par Terry Gilliam pour le cinéma, et par Hacid Bouabaya pour le théâtre.
Car les récits, les vantardises, les forfanteries de ce « sympathique menteur au pays de la bonne humeur » sont une véritable mine d’or pour les créateurs et un régal pour les auditeurs.
Ce « baron » d’opérette, frère de Cyrano et de Don Quichotte, grand militaire, grand chasseur et grand séducteur nous raconte ses exploits sur terre, sur mer et sur la lune, ses rencontres avec des rois, des reines, des impératrices, des monstres marins, Vulcain et Vénus, un lapin à huit pattes, des milliers d’ours polaires, une planète en fromage, une mer de lait… avec sérieux, précision et malice. Comment résister à ce fieffé menteur ?

Les histoires du Baron de Münchhausen, qu’elles soient vraies ou non, qu’il mente volontairement ou qu’il soit mythomane, s’amusent avec les limites de la logique et de la raison… et je décidais de « célébrer la folie » en imaginant et en mettant en scène ma propre adaptation pour 21 comédiens amateurs complices de mon travail depuis de nombreuses années… 21 « heureux fêlés qui laisseront passer la lumière », comme dirait M. Audiard.

Pendant la période de répétition de ce spectacle, je fus informé de la création de Münchhausen ? de Fabrice Melquiot,en Suisse. Je filais sur le champ pour Lausanne et assistais avec bonheur à une représentations mise en scène par Johan Monpart.
Je me sentais familier dans ce monde du « baron » célébré par Fabrice Melquiot, dans cette envie de « rêver le réel pour ne pas le subir » dans ce plaisir de goûter le mensonge pour mettre en doute la réalité »… dans ce nouveau regard sur l’œuvre originale… mais plus encore, je fus saisi par la magnifique qualité poétique de ce texte, par les éclairages nouveaux que m’apportait cette œuvre nouvelle : le rapport à la mort, à l’enfance, à la pathologie (syndrome de Münchhausen…) dans ce « vrac » comme il le qualifie lui-même, ce « vrac » qui avait nourri son écriture.
Fin 2016 je mettais en scène mon adaptation, en me promettant de revenir, un jour, vers le Baron en compagnie du texte de Fabrice Melquiot.

Patrick Pelloquet

 

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