Welcome visitor you can log in or create an account

Louis Calaferte se propose de nous donner à rire en nous racontant une fable…

Une fable qui commence comme… la vie…
Enfin presque comme la vie…

Une fable qui commence par :

Ce soir, au dîner, Monsieur et Madame Wilfried et leur fille Babette, se sont contentés de thon, de tomates, de terrine, de tête de veau et de tourteau, avec une grosse salade de chou rouge et une omelette au lard pour commencer.
Il faut dire que le midi à l’école, Babette avait bien mangé et repris beaucoup de côtelettes.

Ce soir, au dîner, Monsieur et Madame Walter et leur fils Baby se contenteront d’un rôti de porc avec beaucoup de marrons, de la purée et des choux de Bruxelles.
Il faut dire que le midi, Baby avait trouvé drôlement bonne la grosse salade avec des œufs et des anchois et que la dame de la cantine, qui est très gentille, lui en avait redonné deux fois.
Il faut dire que Monsieur Walter, lui, avait déjeuné chez Wins, invité par Willis, avec son frère William et Willicot.
Chez Wins, il avait dégusté une andouillette, des asperges, des aspics, des cèpes à la crème, du gigot aux flageolets et un bœuf mode.

Pour l’heure, chacun se couche car demain, les Walter seront invités chez les Wilfried… pour dîner.

Baby rêve que plus tard il aura un ventre « grand comme ça » pour aller dans les banquets comme papa, et Babette prépare, pour sa poupée, un bon gâteau avec du sucre, de la mélasse, du caramel, des fruits confits, de la liqueur…

Ce soir, Monsieur Chevillard, le boucher du village, lui, ne dort pas. En effet, depuis quelque temps, il ne cesse de mettre en garde ses clients : « Le cheptel, on aurait intérêt à le surveiller si un de ces quatre matins on ne veut pas avoir une mauvaise surprise ».

C’est vrai que ces Walter et ces Wilfried sont bien insouciants, bien inconscients… bien au chaud, bien nourris… comme dans la vie quoi…

Nous ne dirons pas comment finit la fable afin de vous laisser découvrir la « surprise » dont parle Monsieur Chevillard…

D’ici là, bon appétit et dormez bien !

Patrick Pelloquet

 

Scénographie et costumes

 

Louis Calaferte qualifie lui-même sa pièce de « cérémonial onirique » dont le point de départ s’ancre fortement dans la « réalité quotidienne ».
La scénographie et les costumes doivent tenir compte de ces deux idées forces.
Lieux : deux appartements. Celui des Walter à cour, celui des Wilfrid à jardin et au lointain la boucherie de Mr Chevillard.
Intérieurs identifiables meublés des seuls éléments distinctifs de la vie des personnages « cadres moyens » et « commerçants » tous acteurs de la « société de consommation » des années 1970.
Ces lieux ne sont pas fermés. Ils se métamorphosent au fil de la narration.


Les costumes affirment l’image de ce monde qui s’uniformise. Les enfants suivent la voie des parents qui se fondent dans la masse par conformisme, appréhension, effet de mode…
Ces silhouettes distinctives d’un certain milieu social sont renforcées par un maquillage soutenu, tendant à unifier les cellules familiales : trio père - mère - enfants : même aspect, mêmes défauts, même tics…


À la manière d’un Ionesco ou d’un Tardieu, Louis Calaferte s’amuse avec les mots, les sonorités… cette distorsion de la réalité provoque le rire un premier temps mais le cauchemar est latent.


Les choix esthétiques doivent servir ce rapport aux spectateurs souhaité par l’auteur : détournement, amplification, exagération des éléments réalistes.

Musique et lumière prendront en charge la monté en puissance du « cérémonial onirique ».

 

Log in or create an account